N° 11 - Août 2016

« Le rugby ne se joue pas en deux, mais en trois temps. Avant, la ferveur, pendant, la bravoure, après, la fraternité »

René CRABOS – International – Manager de l’équipe de France – Président de la FFR – Inventeur de la défense glissée.

 

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Edito

Nous y sommes et ce « NOUS » lancé lors de l’accession en Fédérale 2, obtenue brillamment par l’équipe Une, est un symbole significatif à plus d’un titre.

En effet tout le club, de l’Ecole de Rugby au groupe Senior, se félicite de ce passage en division supérieure tant espéré, souhaité, voulu. Dans chaque catégorie, les joueurs, ceux qui ont porté le maillot à damier cette saison, ont pu ainsi y contribuer.

Après plusieurs saisons, durant lesquelles la réflexion, la cohésion, la solidarité, la convivialité furent constantes, un projet réaliste, à travers une adhésion volontaire de tous, a pu se construire avec patience, avec obstination peut-être, mais avec persévérance, tenace pour le moins, certainement.

Ce « Nous » c’est un soutien constant et combien bienveillant de la Municipalité Appaméenne, auquel s’ajoute un apport de sympathie, qui va au-delà du seul aspect financier, de tous nos partenaires. C’est aussi une détermination farouche de dirigeants pour un aboutissement rêvé, à laquelle viennent s‘ajouter une ardente ferveur du club de supporters « les Tignous » et une attention fraternelle de l’association des anciens joueurs, L’ARA. C’est cet ensemble de volontés qui a entouré un projet de jeu réfléchi, accompli, appliqué avec méthode, par tout un encadrement sportif qualifié, étoffé et qui fut performant en l’occurrence.

Ceci n’a pu qu’amener le groupe senior, qui suivit fidèlement les directives de jeu, montra une constante assiduité aux entrainements, fit preuve d’une remarquable abnégation, développa un bel esprit d’équipe lors ou en dehors des matchs, vers ce magnifique objectif.

Des leçons doivent être tirées du passé et ne doutons pas un instant que l’équipe dirigeante n’en ai pas pris conscience, ce en pleine sérénité. Déjà nous n’en voulons que pour preuve la foi inébranlable qu’elle possède envers son club. Puis à l’écoute des discours de la Présidence et Vice-présidence, dits en toute lucidité, elle ne doit pas se départir du sentiment profond d’humilité. C’est lui et lui seul qui peut permettre, dans les divers niveaux de responsabilité de structure du club, l’atteinte d’un certain degré de perfection.

Alors vivement la saison 2016/2017 en Fédérale 2.

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Suivons le S. C. A.

Après cette montée en Fédérale 2, digne de nos plus grands sommets Pyrénéens, laissons-nous entrainer par les flots tumultueux ou alanguis, délicats ou chanteurs originaires de nos belles montagnes. Comme l’a si bien écrit le poète Robert Desnos « Ma pensée suit son fil ainsi qu’une rivière », nous suivrons de même le SCA en cette nouvelle saison 2016/2017, le long de nos fleuves, rivières et ruisseaux qui se glissent tel un songe dans les villes de nos futurs adversaires.

Tout d’abord rendons-nous à BOUCAU-TARNOS, Lo Boucau en Gascon ou Bokale en Basque, traversé par le fleuve Adour dont les sources émergent au col du Tourmalet, se formant précisément dans la vallée de Campan. Adour en Gascon signifie source, le mot Adur s’est spécialisé en Basque dans le sens de « destin » ou « onde magique ». Il se jette dans l’Océan Atlantique, mais son exutoire fluctua au fil du temps, par les courses capricieuses dues aux crues et à l’ensablement, allant de Capbreton sous l’ère glaciaire puis à Soustons ou encore Bayonne. L’embouchure actuelle se trouve à Anglet en rive gauche, Le Boucau étant rive droite. Ce site fut réellement fixé en 1578 par un certain Louis de Foix agissant au nom du roi Charles IX, qui profitant d’une nouvelle crue y fit aménager définitivement une trouée vers l’océan.

Nous arrêterons plus tard nos pas sur le plateau de LANNEMEZAN, qui fut créé lors de l’émergence des Pyrénées il y a environ 40 millions d’années. La belle montagne a érigé un amas de ses dépôts où pas moins de 18 rivières y prennent leurs sources dont certaines sont réalimentées artificiellement par le Canal de la Neste créée entre 1848 et 1862 pour subvenir aux besoins d’irrigation. La commune est traversée par La Baïse, nom dérivé du basco-aquitain Ibaia (fleuve-rivière) et son affluent, la Petite Baïse ou Baïse Devant et enfin Le Gers vers lequel afflue La Galavette. Nous y traverserons aussi la Baïse Darré, la Save et l’Arrats.

Dirigeons-nous maintenant vers les Gaves Réunis en la bonne ville de PEYREHORADE, où nous distinguerons le Gave de Pau descendant du cirque de Gavarnie et le Gave d’Oloron qui prend ce nom à la confluence du Gave d’Aspe naissant sous le mont Aspe, côté Espagnol et du Gave d’Ossau dont les eaux proviennent du Pic du Midi. Le terme de Gave est un hydronyme (Hydronymie : science et étude des noms des cours d’eau) désignant de manière générale un cours d’eau. Depuis un siècle le nom de Gave est utilisé comme nom commun puisque les noms locaux des cours d’eau sont devenus « Gave de … » du nom d’une ville ou d’un site où ils prennent source.

Poussons jusqu’à la frontière France-Espagne à HENDAYE, où la Bidassoa forme la limite sur dix kilomètres entre ces deux pays. Le fleuve débouche dans la baie de Chingoudy dans le golfe de Gascogne après 76 kilomètres de cours depuis sa source à Erratzu en Haute Navarre. Le gouvernement Basque et les responsables publics Français ont décidé de gérer en commun les rives de ce fleuve côtier dont l’hydronyme apparait sous la forme de Fluvius de Bidassoe en 1510, ou Bidazoua, titre de Navarre en 1552.

Longeons sur peu de kilomètres, vers SAVERDUN, les rives de l’Ariège qui, selon certains historiens, tire son nom de l’orpaillage que les gaulois y pratiquaient Aurigera et que d’autres indiquent comme provenant du mot Sillon, Arrega ou Rega en Occitan. Cette rivière prend sa source dans le cirque de Font Nègre au Lac Noir, dont la limite avec l’Andorre, de la source au bas du Pas de la Case jusqu’au ruisseau de l’Exergue, dessinée lors du Traité des Pyrénées en 1659 fut sujet de polémique voire de conflit avec notamment la commune de Porta du département des Pyrénées Orientales. Du plus haut de son cours supérieur, résultante du sillon glaciaire d’Ax les Thermes, elle ne reçoit pas moins de trente affluents dont le ruisseau de San José (Saint Joseph) le plus en amont situé dans la principauté, jusqu’à sa confluence, en rive droite, avec la Garonne à Portet sur Garonne.

Nous retrouvons en la cité mariale, par excellence, de LOURDES, le Gave de Pau qui la traverse. Au bord de celui-ci, en rive gauche se situe la Grotte de Massabielle, lieu d’un des plus grands pèlerinages catholiques au monde, où sont célébrées depuis février 1858 les apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous. La ville est bâtie autour d’un piton rocheux dans une cuvette glaciaire issue du creusement du glacier dit d’Argelès (glaciation de Würm moins 115000 à moins-70000 ans) puis du gave à la fonte de celui-ci. Le carrefour de différentes vallées où coulent divers affluents du gave, en amont de la ville, constitue le verrou de Lavedan.

C’est au cœur de la province historique de la Soule à MAULEON, que nous aurons l’occasion de voir s’écouler un dernier gave dans cette évocation hydrographique, le Saison ou Gave de Mauléon appelé Uhaitz Handia, le grand gave en Basque. Il nait de la réunion du Gave de Larrau dont une des sources est sous le col d’Iratzabaleta et du Gave de Saint Engrâce, venant du gouffre de la Pierre Saint Martin, dont son cours supérieur est caractérisé par l’ampleur de phénomènes karstiques entaillant de véritables cañons avec des parois culminants à 200 et 300 mètres.

Déambulons maintenant dans la structure Intercommunale de Garazi-Baîgorri, province basque de Basse Navarre où se trouve le club US Nafarroa. C’est à Saint Jean Pied de Port, Donibane Garazi, naissant au pied du col de Roncevaux que coule le Laurhibar et vers lequel confluent douze ruisseaux aux noms typiquement basques. Autre commune de cette structure, Saint Etienne de Baïgorri où nous découvrons la Nive des Aldudes en amont qui prend ensuite le nom de Nive de Baïgorri. Elle nait au pied du Mendi Haundi (1232 m). Cette vallée sur la partie apicale de ce cours d’eau fut l’enjeu de luttes épiques jusqu’en 1856 entre les habitants de Saint Etienne de Baïgorri et ceux du Val d’Erro en Espagne pour la jouissance de pâturages en territoire espagnol.

Nous n’aurons que l’embarras du choix de cours d’eau dans le regroupement de GER-SERON-BEDEILLE. En effet à Ger coule le Gabas, nom dérivé de gave qui est l’affluent rive gauche de l’Adour et qui reçoit les eaux du Gabastou, avec son barrage de Gabas, retenue collinaire destinée au soutien d’étiage et le ruisseau du Cassagnet. S’y retrouvent aussi le Lis ou Lys, la Géline et le Carbouère. A Bédeille dans la région du Vic-Bilh, indissociable du vignoble de Madiran, traversons le Leez et le Louet, nom dérivé du gaulois « lovo », eau, tous deux affluents de l’Adour. Dans l’enclave en Pyrénées Atlantiques de Séron, commune des Hautes Pyrénées, nous y retraverserons le Leez le Carbouère et pour finir le Baricave.

 

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Un peu d’histoire où : « Comparaison n’est pas Raison »

En mai 2008 saison 2007/2008, il y a huit ans, à la fin d’une saison éprouvante dans une poule relevée : Elne, Pézenas, La Nouvelle, Muret, Sigean, Lavelanet, Foix, Côte Vermeille, Palavas, Andorre, le club accédait en Fédérale 2. Saison éprouvante car, si juste après la trêve le SCA était premier de poule, le club a dû par la suite batailler ferme pour rester second à quelques points derrière le premier Pézenas. Ce n’est qu’au terme du dernier match ; face et sur le terrain du club de Foix, qui lui jouait sa survie, que cette ultime victoire nous propulsait premier de poule et donc permettait la montée directe en Fédérale 2, objectif de la saison, inscrit en début d’année par le Président Claude Mokrane. L’équipe II quant à elle finissait aussi première de poule devant le club de Palavas grâce à un meilleur goal-average.

Ceci nous amène à constater une curieuse et étonnante similitude entre la saison 2007/2008 et la saison 2015/2016, deux saisons de montée au même niveau supérieur, celui de la Fédérale 2. Cependant apparaissent quelques bémols lors de la saison 2007/2008 en comparaison de la saison que nous venons de vivre et que développerons ci-dessous.

En 2007/2008 et 2015/2016, la I et la II finissent premières de poule, au classement final de la phase régulière. Toutefois nous observons un avantage plus conséquent en 2015/2016, ce, pour les deux équipes. En effet, par rapport à la saison antérieure comme le montre le premier paragraphe de ce résumé historique, nous observons dans la saison que nous venons de vivre et notamment en Une, un classement acquis dès les premiers matchs et qui fut définitif. Pour la II, malgré des matchs incertains, elle ne fut quasiment jamais inquiétée sur son rôle de leader de poule.

En 2007/2008 et 2015/2016 nos deux équipes seniors étaient donc invitées dans ces fameuses phases finales, dont le SCA aime tant à en respirer le doux parfum et qu’il a pu humer de nombreuses fois au cours de plus de dix décennies de saisons rugbystiques, dont entre autres, sur un petit rappel douloureux, la saison précédente 20014/2015 où l’équipe I passait de très peu à côté du sujet au stade des 16ème.

En 2007/2008, alors que la montée était acquise du fait de sa place de premier de poule, L’équipe I passait d’un point, ce premier cap des 32ème, score 16 à 15 dans une partie âprement disputée, le mot paraissant faible aux dires des spectateurs ce jour-là, prenant ainsi un court mais suffisant avantage devant les Aveyronnais du Lévézou. Puis ce fut l’équipe de Cannes Mandelieu en 16ème qui se présentait sur le terrain de Bagnols (30) avec dans ses rangs pas moins de 9 joueurs étrangers, 1 Néo-zélandais, 1 Anglais, 1 Irlandais, 3 Georgiens et 3 Roumains. Comme quoi les règlements peuvent différer grandement, doux euphémisme, au fil du temps de la FFR.

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2015/2016, changement radical de règlement, car, malgré la place de premier, pour accéder au niveau supérieur il fallait passer tout d’abord les 32ème puis les 16èmes le tout en match aller-retour. Le seul avantage du rôle de leader de poule, qu’avait pu acquérir le SCA de fort belle manière et c’était déjà un premier challenge à relever, permettait les matchs « retour » à la maison, avantage non négligeable et au final conséquent. La Une prenait, sans coup férir, le meilleur à chaque fois lors des quatre matchs sur ses adversaires, obtenant enfin son billet pour la Fédérale 2, si espéré par tout un club, une ville.

En ce qui concerne l’équipe II, restons en 2007/2008 pour relater son parcours, elle finissait la saison en beauté, éliminant successivement, Lévezou à Revel, La Valette dans un match style combat de rue, Six-fours en la ville d’Agde, ensuite un rude quart de finale à Jullian contre Saint-Palais avec une visite à l’hôpital de Tarbes pour l’un de nos deuxièmes lignes et une agression indigne sur Michel Marfaing. La réserve du club de Moissac, sur le terrain de Tournefeuille, se dressait sur la route de la demi-finale, club que le SCA avait rencontré en 2000/2001 alors qu’ils évoluaient tous deux en Nationale 2. Après cette rencontre longtemps indécise mais dont la victoire fut acquise par nos couleurs suite à un essai en contre sur 90 mètres en fin de match, vint la consécration en finale contre le club d’Antony (92), le match se jouant à Bellac en Haute Vienne par une température caniculaire. Ce beau parcours et cette ultime victoire arrachée au moral, permis à l’équipe II d’offrir au club le troisième trophée de Champion de France de son histoire.

 

 

 

 

                      

 

   

Venons-en à la saison 2015/2016 où la II, qui, si elle eut lors de la phase qualificative sur deux matchs des imprécisions coupables, terminait fort pour finir en tête de poule, obtenant sans trop de peine son billet pour la phase finale. Passant brillamment les 32èmes devant le club de Mouguerre à Azereix, elle mettait genoux en terre mais gardait certainement la tête haute face au club basque d’Hasparren en 16ème. Ces matchs pour la quête du titre, démontrèrent encore toutes les valeurs de cette équipe, inculquées, calquées sur celles que montraient les équipiers premiers et de plus mirent en évidence l’intégration, voulue, calculée de juniors, qui, pardonnez l’expression, « ne laissèrent jamais leur part aux chiens ».

                    

 

 

 

 

 

 

Pour revenir sur le passé, le passage en Fédérale 2 lors de la saison 2008/2009 fut rapide face à des équipes de grosse cylindrée telles que Castanet, Lombez-Samatan, Fleurance, Céret, pour ne citer que celles-là. Durant ces matchs, notre niveau de jeu devait à chaque fois se hausser pour tenir tête à des adversaires qui ne faisaient jamais la moindre concession. Les comptes rendus de matchs, dans la presse à l’époque, précisaient le plus souvent, que la moindre erreur se payait cash.

Durant ces sept années passées dans la catégorie Fédérale 3, des leçons ont pu être retenues, S’appuyant sur un pré-projet SCA 2007, projet peaufiné ensuite par celui de SCA 2011, puis examiné lors de divers ateliers de réflexion en 2012, reformulé en 2013 et confirmé les années suivantes 2014, 2015, la structure du club s’est construite patiemment sur de solides bases. Au passage nous relèverons que les catégories de jeunes « Reichel » puis « Bélascain », selon les options décidées par le club à l’époque, ont vu le jour, et apportèrent, à partir de nos propres effectifs, un engouement, une fraicheur de jeu dont les effets se firent ressentir par la suite et ce jusqu’à aujourd’hui. D’ailleurs tout ceci amenant le groupe senior lors des saisons 2012/2013 et 2013/2014 en phase qualificative et faisant manquer pour quelques malheureux petits points, comme cité plus haut, la montée lors de la saison 2014/2015.

Alors retenons la célèbre phrase prêtée à Churchill, pour une mise en garde invitant à réapprendre sans cesse les leçons de l’histoire : « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ».

 


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