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Covid ou plaquage à retardement

Comment tenir en haleine, des joueurs, des entraineurs, des supporters, des bénévoles, des dirigeants, une présidence ? Quand tout commence et que cela finit dans le même temps ! Quand tout recommence et que cela re-finit quasiment tout pareil !

C’est un peu comme quand tu commences un footing matinal, une course en montagne, une mène à la pétanque, une battue de chasse, une partie de pêche ou une balade en bagnole et que les pneus sont crevés, que tu oublies les appâts, que la poudre des cartouches est mouillée, que le cochonnet est perdu, que la brume t’empêche de voir la piste, que le téléphone appelle pour une urgence.

Tout était pourtant prêt, le planning des entrainements, les phases de jeu peaufinées, le système vidéo toujours prêt à montrer les insuffisances, la condition physique affûtée, les tribunes balayées (enfin !!), les tickets de bourriche parfaitement agrafés à la souche, les licences luisantes comme des sous neufs, l’organigramme le petit doigt sur la couture du pantalon, les applaudissements repassés et rangés dans l’armoire aux encouragements.

Les adeptes du saucissonnage en rondelles doivent être bien gavés, espérons qu’ils en feront une indigestion. Les inconditionnels du « yaquafocons » et ils sont nombreux, devront une fois de plus rengorger leurs certitudes. En attendant, il faut tenter de vivre notre rugby avec tout ça, avec de la télé en pis-aller, avec, quand il peut voir le jour, un huis-clos désarmant et désenchantant.

Si l’on ne peut en rire, c’est pour mieux se donner le courage de continuer à vivre une passion, de croire que la pelouse restera verte, que le ballon gardera ses rebonds aléatoires, que le sifflet re-sifflera trois fois, que le vide des tribunes se remplira de ce que la nature a horreur, que les hourras seront criants de ferveur populaire.

Certes il faut considérer que certains d’entre nous sont bien plus malheureux, ô combien plus touchés au plus profond de leur chair. Sans rien renier, sans esprit d’un quelconque égoïsme, nous le petit peuple d’ovalie, depuis la nuit de temps, nous avons eu besoin de pain et de jeu.

Si la réalisation de ce dernier mot est toujours en attente, projetons-nous, toutefois, dans un futur que l’on veut bien croire meilleur pour tous. D’autres l’ont écrit bien plus joliment, l’espoir doit, encore, avoir raison. Ne voulant pas paraître obséquieux, citons alors volontiers Bouddha qui disait qu’il est synonyme de souffrance. S’il ne peut qu’en être ainsi et quoi qu’il en sera, souffrons un peu, mais merci de ne pas trop tarder.


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